mercredi 29 janvier 2025

Lancement des travaux du Comité de Pilotage de la Conférence Nationale pour la Réforme Constitutionnelle


Nommé par le Conseil Présidentiel de Transition, le comité de pilotage de la Conférence Nationale pour la Réforme Constitutionnelle a officiellement entamé ses travaux dans le Grand Nord les 24 et 25 janvier 2025. Ce comité, qui vise à organiser un forum national pour aborder deux grands axes principaux : La définition d’un nouveau projet national pour Haïti et la réforme de la Constitution. Dans cette optique, il a fait appel à une firme, le Centre pour la Promotion de la Démocratie et de l'Éducation Participative (CPDEP), qui a ensuite confié la coordination des travaux à des représentants dans chaque département. Dans le Nord-Est, cette mission a été confiée à Me Jennifer Surfin, qui a assuré la coordination des événements.



Les assises du Nord-Est, déroulées à Fort Liberté à l’Hôtel Le Relais, ont également vu la participation de figures notables, telles que Mme Wideline Pierre, membre du Comité central de pilotage de la conférence nationale, ainsi que d’anciens élus et cadres influents. Parmi eux, on peut citer l’ancien sénateur Jacques Sauveur Jean et les anciens députés Bilgot Colas, Jacquelin Rube et Saintilma Joseph. Leur présence a contribué à enrichir les discussions et à donner du poids à cette initiative.




Cette conférence se déroule dans un climat marqué par des critiques émanant d’intellectuels et de juristes. Ces derniers rappellent que la modification de la Constitution par voie référendaire est explicitement interdite par les articles 282 à 284 de la Constitution en vigueur. D'autres estiment que cette Constitution n'a jamais été réellement appliquée. Cependant, d’autres observateurs soulignent que les bases constitutionnelles du pays ne sont plus respectées, ce qui ouvre la voie à un processus de refondation institutionnelle.

L'événement a également vu la participation d'un large éventail de personnalités : des leaders d'associations communautaires, des universitaires, des enseignants, d'anciens parlementaires, ainsi que des citoyens lambda. Cette diversité de participants a conféré à la conférence une dimension inclusive, vraiment essentielle dans la logique d'une réelle conférence nationale. Toutefois, si quelques ateliers ont donné lieu à des échanges riches et stimulants, la majorité d’entre eux n’a pas su approfondir les sujets en discussion. Ce manque de maîtrise des thèmes abordés, notamment sur les enjeux constitutionnels, limite la portée des propositions issues de ces assises. Il apparaît donc essentiel de structurer les prochaines étapes pour garantir des débats mieux documentés et plus nuancés.

 Dans cette optique, la prochaine étape prévue selon les informations recueillies, consistant à impliquer les élèves de NS-I à NS-IV, est une démarche louable. En tant que futurs cadres du pays, ces jeunes doivent avoir l’opportunité de participer à la réflexion nationale. Cependant, pour enrichir davantage le processus, il serait judicieux d’organiser une étape spécifique du Grand Nord au Campus Henry Christophe de Limonade. Cet événement pourrait rassembler des étudiants en droit, des universitaires de la région et des chercheurs pour discuter des enjeux de la Constitution.

Un tel cadre favoriserait des débats approfondis, appuyés par des recherches solides et des analyses pertinentes. En concentrant les efforts sur des discussions mieux encadrées et plus spécialisées, cette démarche permettrait de poser les nuances nécessaires et de proposer des solutions adaptées à la réalité du pays. Ainsi, le processus de réforme pourrait véritablement se baser sur des contributions éclairées et constructives, à la hauteur des attentes des citoyens haïtiens.


Il est à noter que les propositions formulées au cours de ces assises locales seront transmises au Comité central de pilotage pour analyse et intégration dans les travaux nationaux.




Malgré les défis et les critiques, cet événement pourrait être un symbole d’espoir pour Haïti si les intérêts supérieurs de la nation sont prises en compte. L’engagement des participants reflète une volonté collective de construire un avenir meilleur et de donner au pays un nouveau souffle dans un contexte particulièrement difficile.

In fine, le fonctionnement du pays ne saurait reposer uniquement sur l’existence de textes constitutionnels, mais sur leur application effective. Ainsi, changer de Constitution à répétition ne résoudra pas les problèmes structurels si ces textes ne sont pas respectés. L’espoir persiste cependant que cette réforme puisse, enfin, être mise en œuvre de manière concrète et durable.

L’avenir se souviendra de ceux qui se sont sacrifiés pour améliorer la condition de vie des générations futures.


Jean Rolex Mondestin 

Pour la Radio Télé Idole

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

À quoi s'attendre du gouvernement pour la mairie de Ouanaminthe ?

L'annonce imminente du remplacement des agents intérimaires communaux a suscité un profond soulagement au sein de la population ouanamin...